Comme le titre de ce billet vous l'indique clairement : embarquement immédiat pour le pays du Soleil Levant.

Le Tataki est une manière amusante  et vraiment succulente de préparer la viande.
Pour leurs meilleurs morceaux de boeuf, les chefs japonais appliquent cette méthode de cuisson, bien particulière, qui consiste à rôtir le boeuf au charbon de bois, piqué sur de longues brochettes puis à le plonger dans l'eau froide pour arrêter la cuisson.

Fort heureusement, la cuisine n'est pas une science figée et je ne vous demanderai pas d'aller attiser les braises dans le barbecue qui patauge actuellement dans la gadoue ou qui dort tranquillement sous une bâche dans l'abri de jardin.
Non, Madame, ne songez pas non plus à déranger l'ours qui hiberne dans votre salon, ce ne serait pas digne de vous ;o)
C'est pas sorcier le barbecue, voyons ! lol

Oublions donc la cuisine en plein air et revenons dans la douce chaleur du coeur de la maison.
Pour réaliser cette recette - comme toutes les autres recettes nippones où le boeuf est grillé - un grill en fonte, adapté à votre cuisinière, fera parfaitement l'affaire.

Pas de grill en fonte ? Qu'à cela ne tienne.
Une poêle toute simple, chauffée à blanc, sans aucune matière grasse, conviendra tout autant.
Moi-même, je n'ai pas encore acquis de grill en fonte, et ce n'est pas faute de l'avoir noté maintes fois sur un papier volant censé représenter la liste des courses ...
De toute façon, nul besoin de s'arracher les cheveux, mesdames, car aujourd'hui ce n'est qu'une répétition.
La prochaine fois, puisque vous aurez été prévenues, il n'y aura plus d'excuses pour ne pas avoir le matériel nécessaire.
Pour vous motiver,  pensez aux petits plats sains et savoureux qu'un tel objet vous permettra de préparer...
Que du diététique et du 100% pur goût !

N.B: Une vraie pub des années 50 ce paragraphe, non ?

J'ai pris quelques libertés quant à la tradition du Tataki puisque je n'ai pas fait mariner le boeuf et que je ne l'ai pas vraiment fait griller.
De plus, je l'ai carrément occidentalisé en incorporant un fromage bien européen : la mimolette vieille.

La mimolette n'est pas un fromage qui me séduit.
Je l'ai toujours trouvée fade et insignifiante - comme la plupart des fromages de Hollande d'ailleurs -.
Toute petite déjà, il ne fallait pas me parler de gouda ou d'edam; à mes yeux, ces ersatz de fromages ne tenaient vraiment pas la distance face aux St Marcellin, cervelle de Canuts, St Nectaire, Picodon, ou autres "petafine-maison" et reblochon.
Ahlala, et les petites tommes bien rustiques, bien goûteuses, avec le "bleu qui se gratte dessus"...
Je n'ose même pas évoquer la révolte qui s'emparait de moi lorsqu'à la cantine, j'apercevais ces petits ronds enrobés de papier rouge vif, qui n'avaient d'intéressant que leur peau en pâte à modeler, que l'on pouvait sculpter en nez de clown ou diverses choses, moins catho ;o)

Et puis, un jour, je suis partie à Amsterdam, avec un copain.
Ah Amsterdam, son port, ses canaux, ses vélos, ses péniches, ses musées, ses marchés et ses cafés...
Nous avions loué un appartement au coeur du quartier le plus vivant et sans doute le plus connu des jeunes touristes.
Et comme par hasard, il se trouvait juste à côté d'un des plus beaux marchés de la ville.
Je n'ai pas su résister à ces énormes meules de gouda au cumin, au curry, de mimolette jeune ou affinée, ...
Bien sûr, à cette époque j'ai révisé mon jugement sur les fromages de Hollande et j'ai, en partie, compris pourquoi on l'appelait "l'autre pays du fromage".

Hélas, de retour en France, adieu canaux, vaches, tulipes et jolies meules.
Les pauvres fromages néerlandais étaient si mal représentés qu'à nouveau, je n'ai pas hésité à les frapper d'ostracisme.

tatakisetJusqu'à la première semaine de décembre dernier durant laquelle j'ai redécouvert la mimolette de supermarché.
Au cours d'une des séances de courses hebdomadaires, je tombe sur un fromage étrange et familier, d'une belle couleur orangée.
Pas orange seventies, non.
Un orange plus doux, plus profond, moins superficiel, en somme.
Sur la tranche, une petite étiquette disait :
" Boule d'or - Mimolette vieille, affinée 12 mois en cave".
J'ai immédiatement senti qu'elle serait une bonne amie...
Et je n'ai pas été déçue.
La fin de semaine accueillait en son sein un évènement très attendu, puisqu'il s'agissait de l'atelier foie gras des Pralines.
Quel rapport êtes-vous tentés de me dire ?
Et bien, en fait, cet atelier fut l'occasion pour moi de découvrir ma nouvelle copine sous un autre jour encore.

Véro (La popote de Véro) avait confectionné pour l'occasion des " merveilleuses meringues surprise au coeur d'or"... vues dans je ne sais plus quel magazine, et pour lesquelles elle avait eu un coup de foudre.

Evidemment, vous avez deviné quelle était la nature de ce coeur.
Oui, c'était bien elle. La vieille fille la plus sexy et la plus appétissante que j'ai jamais rencontrée jusqu'ici : Miss Mimolette vieille 12 mois d'affinage ! ;o)

Il n'en fallait pas plus pour que la demoiselle soit dès lors constamment présente sur mon plateau de fromage.

Enfin, l'idée de l'incorporer dans cette interprétation du Tataki me vint grâce au souvenir de ces exquises brochettes canard-fromage que j'avais mangées dans un restaurant au Japon.
La suite, la voici ...

ROULES DE BOEUF AU SHIITAKE & MIMOLETTE VIEILLE
ou UNE VISION DU TATAKI


tatakibiais
Pour 4 personnes
:

400g de boeuf
3 belles ciboules
3 beaux shiitake frais (ou réhydratés)
1 belle carotte
30-40g de mimolette (selon les goûts)
60ml de sauce soja japonaise
60ml de mirin
2 càs de saké
2 càs de maïzena
1 càc d'huile de sésame
1 càs de sucre



Astuce :
Mettre
le morceau de boeuf dans le congélateur environ 20mn avant la cuisson, afin de pouvoir aisément couper de fines tranches. Il ne doit pas être dur comme de la pierre, juste un peu transi.
Prenez un beau morceau, genre pavé, rumsteck, assez épais et d'une bonne largeur, il vous faudra pouvoir garnir les roulés.

Eplucher les carottes, laver et préparer le poireau et brosser les shiitake frais - plongez-les dans l'eau chaude 20mn minimum si les vôtres sont séchés-.
Sortir le boeuf du congélateur et le débiter en fines tranches.
Couper la carotte en fines lanières et retailler ces dernières en ajustant à peu près leur longueur à celle des tranches de boeuf.
Découper la mimolette en bâtonnets toujours au dimension des tranches de viande. L'épaisseur des bâtonnets dépendra de vous : si vous avez envie de la sentir fondre sous la dent, faites des bâtonnets assez larges, sinon, affinez-les.
Emincer les shiitake.
tatakishiitakemimo
Enfin, couper la ciboule de façon identique.
Etaler le boeuf dans une assiette et le saupoudrer d'une càs de maïzena.
Disposer la garniture au centre de la tranche : une ou deux lanières de carottes, une tranche de shiitake, de la mimolette et de la ciboule.
Enrouler la tranche de viande et faire tenir le roulé à l'aide d'un cure-dent ou de ficelle de cuisine.
Répéter l'opération jusqu'à épuisement des ingrédients.
Saupoudrer du reste de maïzena.
Faire chauffer l'huile dans une poêle et faire cuire les roulés jusqu'à ce qu'ils soient légèrement dorés.
Les sortir de la poêle et les poser sur du papier absorbant.
Maintenir
la poêle chaude.
Dans un bol, mélanger le mirin, la sauce soja, le sucre et le saké.
Verser cette sauce dans la poêle chaude, porter à ébullition et ajouter les roulés.
Baisser le feu et laisser mijoter jusqu'à ce qu'ils soient cuits à point et que la mimolette dégouline joliment...

Si vous souhaitez une sauce épaisse, enlevez les roulés et faire réduire la sauce à feu vif.
Remettez-les roulés , baissez le feu et enrobez de sauce.

Disposer les roulés dans un plat de service ou dans les assiettes, ôter les cure-dents ou la ficelle.
Si votre morceau de boeuf était assez gros, couper les roulés en deux, de façon à obtenir des bouchées - je vous rappelle que nous sommes au Japon et qu'ils ne reconnaissent pas l'usage des fourchettes et des couteaux ;o) Les aliments préparés doivent donc être faciles à attraper et à engloutir en une bouchée ...

Servir accompagné du reste de sauce et d'
edamame, par exemple, ou d'un bol de riz blanc.

Vous n'avez pas de ciboule, remplacez-là par des oignons jeunes avec leurs tiges, ou pourquoi pas de la ciboulette.
Vous pouvez également les garnir de tronçons d'asperges vertes, préalablement ébouillantées pendant 2mn - si fraîches- pour qu'elles soient croquantes et fondantes à la fois... Une merveille !!

edamameC'est quoi l'Edamame ?

En fait, ce sont les fèves du soja vert dans leur cosse ou gousse.
Les japonais en raffolent.
On les retrouve régulièrement sur la table du déjeuner, du dîner ou même du petit déjeuner.
Ils les consomment aussi  volontiers à n'imprte quel moment de la journée,  en snack, en salade, en soupe ou en dessert !...
Elles regorg
ent de propriétés bénéfiques pour notre organisme.
Puisque c'est du soja, elles sont une source substantielle de protéines et de vitamines.
N'oubliez pas, pour le nippon, tout est bon dans le soja !
Les Nippons sont tous sveltes et ce sont tous des samouraïs, des sages zen ou bouddihstes  !! ;o)


Où trouver l'edamame et sous quelle forme ?
edamamecosse
Généralement, on trouve ces "fèves ou haricots en branches" - traduction littérale - frais ou surgelés.
Il suffira de les cuire 4 à 5mn dans l'eau bouillante et de presser délicatement, sensuellement ou énergiquement l'enveloppe ; selon l'humeur; pour voir atterrir ces délicieuses petites fèves directement dans le gosier !

A Lyon, on les trouve bien sûr au Kazuki (clic) , 35, cours Gambetta, lyon 3.
Mais aussi parfois dans les épiceries du quartier chinois ou encore au Japon store, 103, rue Ney, lyon 6.


J'avoue que je n'ai jamais cherché sur le net mais il est possible que cela existe.
Tout existe sur internet; maintenant,  à quel prix ??...


Pour finir, cette recette fonctionnera aussi très bien avec du porc, pourquoi pas du canard ou une autre volaille.


ITADAKIMASU !!!