Puisque mon FAI refuse obstinément de me fiche la paix depuis deux semaines, je suis obligée de m'exiler.
Je vogue d'un pc à l'autre sans jamais avoir suffisamment de temps pour faire tout ce que je souhaiterais.
Ce petit inconvénient m'a fait prendre conscience à quel point cela peut être pénible, pour moi, d'écrire un billet culinaire ailleurs que dans un cadre qui me corresponde plus ou moins, que j'ai choisi pour des qualités évidentes de bien-être, de chaleur et d'univers.
Un lieu dans lequel je puisse me sentir bien, un minimum, en somme.

La semaine dernière, je métais rendue dans cette librairie-cyber-café 38, rue Thomassin qui se nomme joliment "Raconte-moi la Terre" (lien).
Je connaissais déjà cet espace internet et c'est tout naturellement vers ce lieu chaleureux et propice aux voyages, tant imaginaires que sensoriels, que je me suis tournée.
Cet endroit est un paliatif des plus enchanteurs à mon petit "coin informatique perso".
Ainsi, les euros dépensés, en sus de la facture mensuelle, passent tout de même un peu mieux et je ne ressors pas en pestant contre des fournisseurs incompétents et sans scrupules mais plutôt contente de ce petit moment de quiétude passé "en société".
Et même si je regrette que l'on ne puisse pas lire n'importe quel type de bouquin - à moins d'en avoir un sur soi - tandis que l'on déguste le café du jour, douillettement lové dans les larges bras d'un fauteuil aux couleurs vives, c'est pour l'instant, le seul cyber-café qui ne sape pas mon inspiration et ne me donne pas envie de fuir au bout de 5mn.

Mais pourquoi n'ai-je pas décidé d'y aller aujourd'hui !?
Par flemme, par manque de temps et parce que j'avais terriblement envie de terminer au moins un billet cette semaine. Je me retrouve donc dans un "point net" pour gamers, juste à côté de la maison !!
Oh my god !
Non pas que j'ai quoi que ce soit contre les "geeks et autres otaku ou gamers fous" - j'en suis peut-être une parfois ;o) - mais franchement, je ne pensais pas que cela me dérangerait à ce point d'écrire dans cette ambiance.
Tout d'abord le local.
Car il s'agit bien d'un local pareil à celui que le club de lecture de l'association des mères du 3ème et heureuses de l'être  - mais secrètement désireuses d'échapper à la tyrannie du foyer qui les rend chèvres - ou qu'une bande de potes ayant créé un super groupe underground-hardcore auraient pu louer pour s'exprimer et se défouler.

Une grande pièce froide, aux murs gris-déprime, tachetés de-ci, de-là d'un poster à la Frazetta (célèbre dessinateur d'heroic fantasy, très talentueux d'ailleurs) ou représentant l'héroïne d'un manga quelconque.
Peu, voire pas de filles.
Ou alors la personne qui se camoufle devant moi sous une capuche, recroquevillée sur sa chaise en est une ?!?...
Je détonne dans ce décor, ou plutôt, cette absence de décor.
Tellement que j'ai l'impression que c'est moi qui décore !
Episodiquement, quand un oeil se détache d'un écran, je ressens, de la part de cette moitié de regard qui fugacement se pose sur moi, comme un petit malaise, vraisemblablement dû à mon état de femelle.
Mais le reste du temps, lorsque c'est moi qui détaille ce qui m'entoure, ce ne sont que touffes de cheveux, mi-longs, très courts ou ébouriffés, coiffées de casques surdimensionnés.
Chacune à leur tour, ces toisons sont ébranlées de spasmes sporadiques provoqués par la destruction virtuelle d'un monstre ennemi ou par la mort du "héros-joueur"...
Je ne sais pas si mes chats sont dérangés par le bruit mécanique que font mes doigts lorsqu'ils pianotent, à vitesse grand V sur le clavier, mais les cliquetis frénétiques et les grognements plus ou moins affirmés qui s'échappent de mes voisins commencent à me taper sur le système.

Tous ces éléments, ajoutés les uns aux autres, me font dire qu'il y a de fortes chances pour que je ne finalise pas encore aujourd'hui ce satané billet... Et je ne parle même pas d'aller consulter mes mails.

Tiens, c'est marrant, je me demande ce que cela donne lorsque, le soir venu, le "halo de lumière" éclairant chaque proéminence casquo-capillaire les met davantage en évidence, jusqu'à ce que l'on ne voit plus qu'elles.
Brrr... Limite surnaturelle comme expérience ;o)
Et c'est ainsi que certains pensent avoir vu des manifestations de l'au-delà ou des petits hommes gris-verts lol !

C'est bien beau mais tout cela se trouve fort éloigné du thème originel, me direz-vous.
Oui, vous avez raison.
Rien à voir ! Mais il faut croire que finalement, l'endroit n'est pas aussi dénué d'inspiration que ce que je pensais.

Ces petits désagréments techniques me permettent de me consacrer davantage à mes autres activités, dont la cuisine, évidemment mais pas uniquement.
Et même si, parfois,  je suis prise d'envies pressantes de tapoter le clavier et de me griller les cornées sur l'écran plat de La bête informatique, je suis, dans un sens, bien contente de pouvoir terminer des livres commencés depuis des mois, pour certains, de faire plus d'exercices physiques ou de pouvoir me remettre à la pratique du Gravollet*, entre autres choses.
*Pour les non-initiés, c'est un ouvrage d'exercices "déclamatoires et respiratoires" et de prononciation pour comédiens et/ou chanteurs, qui date de Mathusalem, peut-être, mais que je m'étais jurée de reprendre, pour revenir aux racines et un peu par sentimentalisme sans doute, car c'est avec lui que j'ai commencé chez mon premier professeur d'art dramatique.

De ce fait, je me suis retrouvée dans l'obligation consentie de préparer des repas rapides, légers tout en répondant aux envies gustatives du jour.
Ce plat de porc sauté est un de ceux que j'adore cuisiner tant il est simple et vite fait. Et, cela va sans dire, savoureux.
En général, je lui associe quelques édamamé ou, comme cette fois-ci, des haricots verts mijotés à la japonaise.


PORC SAUTE AU CHOU ET AU GINGEMBRE

Pour 4 personnes :Porc_saute_chou_ccr

400g de porc -morceau à griller, filet ou escalope sans trop de gras-
8 feuilles de chou chinois
60ml de sauce soja
2 càs de saké
1 càc de sucre
1 càs d'huile de sésame
3 càc de jus de gingembre
1 càc de gingembre frais râpé
un peu de ciboule (facultatif)



Tout d'abord
, pour obtenir du jus de gingembre, il suffit de presser du jeune gingembre frais (vert si possible) dans un tamis au-dessus d'un bol.
Pour 3 càc il faut un morceau de 10-15 cm de long, environ.

Mélanger le sucre, le saké, la sauce soja et le gingembre râpé dans un bol et remuer jusqu'à ce que le sucre soit dissous.
Couper le porc en fines lamelles de 5cm environ.
Mettre la viande dans la marinade et laisser reposer 10mn.

Pas plus au risque de voir la viande durcir de trop.

Pendant ce temps, vous pouvez soit passer les édamamé dans l'eau bouillante ou commencer à faire mijoter les haricots verts.

Egoutter
la viande et réserver la marinade.
Ôter les grosses côtes des feuilles de chou et les tailler en carré (env.4cm de côté).
Faire chauffer l'huile dans une rgande poêle ou un wok et faire sauter le porc 3mn.
Ajouter le chou, la marinade et le jus de gingembre.
Faire sauter jusqu'à ce que le tout soit bien chaud.
Servir avec des
édamamé ou les haricots verts mijotés ou, plus "traditionnellement", du riz blanc.
Parsemer éventuellement de ciboule ciselée.


Porcsaute_chou
C'est vraiment un plat sans prétention, ultra simple et très parfumé.
Facile, à la portée de tous, il pourrait même épater des amis que l'on invite un soir, comme ça, de façon imprévue.
Et en plus, c'est light et sain.
Que demander de plus ?