Pour accompagner le Porc sauté au chou et au gingembre, pour apporter un peu plus de couleur et pour changer ou pour compléter l'éternel gohan (riz blanc nature), j'aime préparer ces haricots croquants.

Ils sont pour moi comparables à une gourmandise.
La première fois que j'en ai mangé, j'étais plutôt réticente car je ne savais pas ce qu'étaient ces "petits pétales roses"* qui les surmontaient...
En plus, ils sentaient fort le poisson.

" Etrange.
Brrr, vraiment ces japonais ne savent plus quoi inventer pour saupoudrer aussi systématiquement leur nourriture de trucs bizarroïdes. Comme si le fait d'avaler du poulpe cru ne leur suffisait pas !..
.", me disais-je.

Vous l'aurez deviné, j'ai complètement changé d'avis aujourd'hui.
J'aime cette cuisine japonaise si authentique, si saine, toujours dans le respect du produit, dans la recherche du sens et de l'harmonie dans la relation homme-nourriture-nature.

J'aime vous faire découvrir cette cuisine japonaise quotidienne, bien loin des stéréotypes que la plupart d'entre vous possède; involontairement, par ignorance, bien sûr - et le terme ici, n'est pas utilisé péjorativement -.
Mais aussi sous l'influence médiatique quelque peu forcée des magazines, culinaires ou non.
Que l'on parle de sushi ou des plus grands marchés de poissons, quand on évoque le Japon, cela revient au même... L'association inconsciente se fait, comme pour le français avec son béret et son litron de rouge, aujourd'hui encore, on pense poisson cru lorsqu'on pense alimentation japonaise.
Les préjugés ont la dent dure. Tous les préjugés hélas.
Et c'est une tare humaine que j'ai toujours eu à coeur de combattre, que ce soit en cuisine ou ailleurs.
Je m'efforce de laver mon cerveau de tous les clichés qu'on lui a inculqués dans l'enfance et que l'on tente encore chaque jour de lui faire ingugiter.

Mais revenons-en à nos haricots - le compteur tourne ;o)-.
Il n'y a rien d'extraordinaire dans cette façon de les cuisiner, si ce n'est la bonite séchée et le bouillon dans lequel ils cuisent.
Je crois vraiment que le plus extraordinaire sera pour vous d'acheter des haricots verts frais et de les équeuter ;o) !!
Sincèrement, depuis combien de temps n'en avez-vous pas préparés ?
Allez, je suis sûre que vous êtes assez nombreuses dans ce cas lol...
C'est l'occasion de reproduire ces gestes que vous avez vu faire par vos grands-mères ou vos mères ;o).

HARICOTS MIJOTES A LA JAPONAISE
Haricots_mijotes
Pour 4 personnes :

300g de haricots frais, parés
375ml de dashi premier*
3 càs de sauce soja
2 càs de saké ( à défaut, du vin blanc sec)
2 càc de copeaux de katsuobushi (bonite séchée et fumée)**


Après avoir parés les haricots, les couper en tronçons de 5cm.
Dans une casserole, mélanger les haricots, le dashi, la sauce soja et le saké.
Porter à ébullition à couvert.
Baisser le feu et laisser mijoter jusqu'à ce que les haricots soient juste tendres.
Les égoutter et réserver le liquide de cuisson.

Disposer les haricots en pyramide dans les bols de service.
Verser un peu de bouillon dessus et saupoudrer de bonite.
Servir à chaud, à température ambiante ou glacé
.

Vous pourrez en préparer une grande quantité sans aucun problème puisqu'ils se conservent parfaitement 2-3 jours au frigo. Sinon, il vous siffira de les congeler ainsi que le bouillon.
Pour le bouillon Dashi*, je vous remets un lien vers l'article que je lui avais consacré, ICI.
Le plus simple et le plus rapide étant de l'acheter déshydraté en granulés, par exemple.

Mais qu'est-ce-que le Katsuobushi ou Bonite Séchée** ?

Encore un produit très fréquemment utilisé au Japon mais totalement inconnu de nos placards.
Comme je vous le disais plus haut, il s'agit de copeaux de bonite séchée et fumée.

La bonite est un poisson gras, cousin du thon, que les japonais utilisent le plus souvent râpé sur diverses préparations.
Les copeaux de bonite que l'on trouve dans les épiceries asiatiques n'ont rien à voir avec ce que l'on pourrait appeler chez nous, des aliments déshydratés.
Il s'agit juste d'aller un peu plus vite en s'évitant de râper son morceau de bonite soi-même, c'est tout.
Si l'on s'aventure à approcher le nez du sachet de bonite, cela sent un peu le poisson, forcément.
Mais rassurez-vous, le goût n'est pas aussi prononcé que ce que l'on pourrait croire.
Ces petits pétales roses confèrent même une saveur salée et fumée très agréable aux plats qu'ils relèvent.
A utiliser sans modération lorsqu'on aime.